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14.10.2007

Immigration: quelle politique?

Les débats font rage sur l´immigration avec les tests ADN, ce qui est normal compte tenu des tendances bonapartistes de notre président. C´est un sujet facile, pour nous socialistes, dont les leaders essaient en général de coller avec le plus d´humanisme possible aux tendances de l´opinion publique, c´est-à-dire qu´ils cherchent à montrer aux francais qu´ils sont prêts à être aussi rigoureux que la droite pour limiter l´immigration.

C´est une erreur, cela consiste à confirmer que la droite et l´extrême-droite avaient raison contre nous, et cela nous place dans leur système de valeurs. Sarkozy et Lepen ont réussi á faire en sorte que l´on ne parle pas d´immigration, mais d´immigration illégale, qu´on ne parle pas de violence des banlieues sans parler d´immigration (alors que les jeune sincriminés sont à 90 % des francais), etc...

C´est aussi une erreur d´interprétation pour nos dirigeants. Les Francais ne sont pas contre l´immigration parce que c´est inscrit dans leurs gènes, ils le sont parce qu´ils sont mal dans le monde actuel, dans la société actuelle avec son cortège de problèmes (violence, chômage notamment), et que l´on a toujours blâmé dans ces cas-là l´étranger, celui qui nous attaque le soir, celui qui nous prend notre emploi. L´autre est responsable, toujours.

Alors, où est le problème? En réalité, dans une société de plus en plus complexe, centralisée comme c´est le cas en France, le citoyen n´a que peu d´influence sur sa destinée, pas de solution pour ses problèmes. Ce sont les politiques et les technos d´en haut qui peuvent faire quelque chose, à la base les gens ont perdu les rênes qui commandent leur vie. Il faut, nous la gauche, réinventer ces moyens de permettre à tous de décider pour leur vie, leur environnement, leurs écoles, et leur politique locale de sécurité... Les moyens existent, ils sont seulemen tesquissés: soutien aux développement des associations et ONG, participation de celles-ci aux décisions, décentralisation et démocratie locale, budget partiellement octroyés à des comités de quartier, démocratie participative allanc donc au-delá de forums d´expression, mais aussi de décision. Lorsque les francais auront repris le contrôle de leur vie, on n´aura plus besoin d´accuser l´immigration de nos problèmes, surtout si nous, socialistes, nous en décrivons les points positifs, et les abus de la droite incapable d´organiser correctement l´accueil des immigés en France.

Pour en revenir à l´immigration, quelle politique préconiser?

Le débat que nous avons sur l´obligation de savoir le francais pour rentrer en France est intéressant, entre les libertaires et les encadreurs plus stricts.

Pour me référer aux pays nordiques, la Finlande organise de cours gratuits de finnois dans les pays où il y a des personnes qui veulent venir en Finlande pour vivre et travailler. Mais il est vrai que la baisse du chômage est telle que de nombreux emplois sont inoccupés ce qui pose un gros problème. C´est la situation de la France des années 50-60, où nous avons fait venir de nombreux immigrés qui ont fait notre croissance. En fait, il y a deux ímmigrations:

- les réfugiés et demandeurs d´asile, et nous sommes parmi les pays les plus restrictifs, ce qui est scandaleux car nous ne nous conformons pas à nos idéaux humanitaires. Là, pas question de demander un niveau de langue, nous devons accepter toute les personnes qui ont des problèmes dans leur pays d´origine, y compris les personnes qui sont persécutées pour leurs croyances, leur ethnie, leur orientation sexuelle, le refus de certaines coutumes (excision).

- les personnes qui veulent venir pour travailler, et là je pense qu´il faut un minimum de connaissance du francais. On peut bien sûr acompagner cela d´une politique de diffusion du francais, ce qui facilitera la vie des volontaires, et vous savez tous comme moi que la France a stupidement diminué les crédits des services culturels et des centres et instituts.

Reste la question de l´ouverture complète à l´immigration. Personne ne l´a fait, parce que nous n´aurions pas les moyens de convenablement accueillir tout le monde, donner des cours pour l´insertion (apprendre aux gens à se débrouiller en France, les droits, les démarches, la recherche d´emploi, la santé, la vie en société, etc.), scolariser les enfants au besoin avec une préscolarité adaptée, trouver un logement convenable, donner un accompagnement sécifique, etc...Donc il y a des limites, ou bien nous allons maltraiter ces gens. Mais une personne motivée pour venir en France devrait en avoir la possibilité dans un délai raisonnable, et si cela est correctement organisé nous en serons les bénéficiaires, à la fois moralement, économiquement et pour notre relation au monde.

Il faudrait y ajouter que nous pouvons difficilement refuser les personnes malades qui ne peuvent se soigner dans leur pays. Mais nous, la France, n´aurions-nous pas les moyens d´installer des services de santé dans d nombreux pays d´où viennent ces malades, d´y former des professionnels locaux de santé, bref,de faire notre devoir au lieu de nous replier sur nous-même.

Amitiés socialistes

Alain Lefebvre
Candidat aux sénatoriales

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