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21.10.2007
Profession de foi
Mes camarades, compagnons des luttes socialistes,
Vous devrez faire dans quelques mois un choix pour les élections sénatoriales, et notre parti a décidé de démocratiser le processus de désignation en organisant des primaires. Mais l´exercice, souhaitable certes, est pour nous beaucoup plus difficile que pour les métropolitains : sauf à disposer des moyens nécessaires, la majorité des candidats vont peu se déplacer, et ces professions de foi ainsi que nos interventions sur le forum de la FFE constituent pour vous la seule façon de nous connaître. Mais c´est peut-être aussi une chance, cela nous éloigne de la politique spectacle.
Pour chaque candidat, vous devez certainement vous demander : « A quel genre de socialiste ai-je affaire ?».
Je suis un ancien des mouvements écologistes des années 70 et début des années 80, lorsque nous étions Les Amis de la Terre (j´ai collé des enveloppes pour la campagne présidentielle de René Dumont, et j´ai fréquenté le Larzac) et un ancien militant de base syndicaliste de la CFDT, à l´aviation civile, puis au ministère de la santé et des affaires sociales. J´ai adhéré au PS en 2006 et participé activement à la dernière campagne présidentielle, à la fois au sein du PS et dès les premiers jours pour Désirs d´Avenir, avec la création de notre groupe Europe du nord et du site Désirs d´avenir Nord Europe (http://desirsd-avenireuropedunord.blogspirit.com/). Avec Dominique Méda, nous avons animé le premier débat participatif pour Ségolène Royal à Paris (sur le modèle social), et nous avons contribué au programme de la candidate en matière sociale.
Je ne suis pas un socialiste libéral, ni un social-démocrate à la française : je ne suis pas pour un libre marché dont les effets pervers seraient compensés par des mesures sociales. Pour moi, il y a toujours des luttes de classe, qui se sont déplacées vers de nouveaux enjeux, en matière de santé (les cadres supérieurs vivent en moyenne 10 ans de plus que les ouvriers), en matière d´environnement (l´exposition au bruit, aux polluants chimiques, aux aliment irradiés est inversement proportionnelle à la richesse), de progrès scientifique et de biotechnologie, utilisés au seul bénéfice des classes aisées de la société. Au lieu d´un PS qui réagit ponctuellement sur ces questions, j´œuvrerai pour une doctrine claire en la matière, et un rétablissement de la justice sociale.
Ainsi, je n´admets pas dans notre pays des écarts de salaires de 1 à 100 ou à 1000, ni les systèmes de stocks options, imposables ou non. Notre parti a souffert de ne pas être clair sur ces sujets, alors qu´il s´est aliéné inutilement pendant la campagne présidentielle les familles dont les revenus mensuels atteignaient 4000 euros. Et nous n´oserions pas fixer des règles salariales et supprimer les stock options ? J´ajouterai que je suis scandalisé que la lutte contre la pauvreté ne soit pas le point majeur de notre programme, car, si ce n´est le PS, qui se battra pour les droits de plus démunis ? Pour un véritable accès au logement ?
Je voudrais aussi ici insister sur une idée défendue par Ségolène Royal qui me tient à cœur. Il s´agit de la démocratie participative. En effet, le virage à droite de notre société, le blâme porté sur l´immigration, la demande effrénée de plus de police et de surveillance, tout cela provient à mon avis du fait que nous,les Français, n´avons plus la maîtrise de nos vies. Les décisions se prennent au loin par des politiques ou des technocrates. Dans ces conditions, on se retourne contre l´autre, le juif, le black, l´étranger, le bouc émissaire. Le sommet de Porto-Allegre a parfaitement pris la mesure de ce phénomène et y répond par la notion de démocratie participative, qui rend le pouvoir aux gens, idée reprise par Ségolène Royal.
Mais, me direz-vous, tu vas être notre sénateur, et que vas-tu faire pour les français de l´étranger ?
Je pourrais vous répondre, comme d´autres, que je suis qualifié, notamment pour avoir longuement travaillé en matière sociale et être formé en droit public et droit social, et que je connais nos problèmes : nous attendons toujours des députés que nous élirions; nous somme peu associés aux débats nationaux, malgré la présence de nos représentants actifs au sein de l´Assemblée des Français de l´étranger; nous avons moins de droits que les Français de métropole, en matière de logement (nos résidences en France sont taxées comme résidences secondaires), en matière de prestations sociales (que dire de l´absence de prise en charge de notre santé et de l´assurance-chômage lors des retours en métropole), en matière d´accès aux services d´état civil (nos concitoyens en métropole n´accepteraient pas de subir les mêmes difficultés que nous), en matière d´écoles pour nos enfants, etc. Jusqu´au sein de notre propre parti, où en février dernier, à la suite de l´affaire Johnny Hallyday, certains avaient proposé de nous taxer. Malgré l´action de nos sénateurs socialistes, malgré l´impact grandissant de nos demandes, malgré notre nombre croissant qui pése sur les élections nationales, il reste beaucoup de chemin à faire.
Mais notre problème vient aussi d´une conception métropolitaine très territoriale de la France, pays au sens géographique plus que nation. Pour moi, c´est la nation qui prime, et non le lieu de résidence, et cette nation française inclut tous les Français, de métropole et de l´étranger. Elle leur confère les mêmes droits fondamentaux : des études en français gratuites pour les enfants de résidents français dans tous les pays, au besoin en utilisant Internet, les français en difficulté sociale à l´étranger doivent bénéficier non d´une aumône sociale consulaire, mais d´une forme de revenu minimum garanti complémentaire aux allocations nationales lorsque celles-ci sont trop faibles (je connais le problème pour l´Afrique et l´Europe de l´Est, pour avoir été sollicité sur certains cas, cela doit être identique en Asie et Amérique du Sud) et les français qui reviennent en France doivent avoir un accès immédiat aux allocations de chômage et à l´assurance maladie sans délai de carence, car après tout, ils ont aussi travaillé.
Camarades, lorsque je serai votre sénateur, vous pourrez compter sur moi pour participer activement à la rénovation de notre parti, en y donnant plus de place à la démocratie et aux militants, et à me battre pour que vous ayez des droits analogues à ceux des métropolitains. Je m´y engage.
Alain LEFEBVRE, Candidat aux primaires sénatoriales du Parti socialiste
Section de STOCKOLM, Suède
Email : aplefebvre(AT)gmail.com
Blog de campagne : http://alainlefebvre.blogspirit.com
Autre blog : http://desirsd-avenireuropedunord.blogspirit.com
00:21 Publié dans Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Alain Lefebvre, sénateur, élections, politique, socialiste


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