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29.10.2007

L'Europe, l'Europe, l'Europe

On reparle de l'Europe, et les candidats sont interrogés sur le nouveau traité. Je vais donc donner ici mon point de vue et le relayer sur le forum, lieu de débat intéressant, mais qu'il faudrait multiplier, comme nous essayons de le suggérer depuis nos sections socialistes nordiques.

Il y a deux ans, nous avons voté contre la "Constitution européenne", grace à une alliance curieuse entre la droite et l'extrême droite nationaliste, quelques nationalistes de gauche, quelques opportunistes et ceux que je qualifierai d'idéalistes de gauche, qui voulaient une Europe plus sociale, plus proche du citoyen, plus proche de la vie et des faibles. Ces derniers se sont trompés, non pas parce qu'ils avaient tort, mais surtout parce que l'Europe a continué à glisser à droite, la France aussi et le plan B a consisté à donner raison aux nationalistes et enlever tout ce qui était novateur et créatif dans le maladroit projet de Constitution: les droits fondamentaux des citoyens, qui auraient pu être utilisés par la Cour européenne de justice pour faire progresser la démocratie et les droits sociaux, les symboles (drapeau, monnaie, ministre des affaires étrangères...)...

Faut-il pour autant refuser le nouveau texte? C'est en fait quelques propositions institutionnelles permettant à l'UE de fonctionner à 27, a minima, et accessoirement de rendre à la France un poids relatif perdu à Nice, lors de la rédaction du traité précédent, tant Chirac et Jospin préféraient un succès de la présidence française et un mauvais traité qu'un refus d'un texte lamentable obtenu sous la pression de certains pays qui ont pris l'élargissement en otage. Alors, ce texte est un pis-aller. Je comprends qu'on le vote, parce qu'il améliore les choses, ou en tous cas qu'on ne le bloque pas. Mais j'aurais voulu la Constitution, plus que la Constitution, en tous cas au moins la Constitution. J'en ai pleuré le soir du non français. Mais je n'en veux pas à ceux qui ont voté non chez nous, au PS, c'était de l'idéalisme et je le comprends.

Sur le fait de faire ou non un référendum, comme l'avait demandé Ségolène Royal pendant la campagne électorale, je pense que Nicolas Sarkozy a très mal joué pour la France: s'il avait annoncé d'entrée qu'il organiserait un référendum, il aurait certainement obtenu plus de la part de nos partenaires, alors qu'en voulant faire un coup politique, il a clairement fait savoir que le traité simplifié (lire expurgé de tout progrès) serait seulement validé au Parlement. Résultat: nous ne sommes pas ceux qu'il faut choyer, à qui il faut lâcher du lest, et nos grandes idées sont sacrifiées, au profit de slibéraux et nationalistes. Trop tard pour remonter le courant. Trop tard pour l'Europe sociale.

Alors, si j'avais à voter, je m'abstiendrais. Pas de raison de s'opposer à ce texte qui facilite le fonctionnement de l'Europe, pas de raison de voter un texte qui ne la fait pas avancer, ni politiquement, ni socialement. La démocratie européenne ne progresse pas, mais ne recule pas.

Amitiés socialistes

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