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06.11.2007
Lettre aux socialistes de l´étranger
La plupart des sections vont se réunir pour discuter des candidatures aux primaires sénatoriales, et certaines ont déjà demandé aux candidats de participer à leurs réunions, ou à défaut d´envoyer une contribution qui sera lue lors du débat. J´ai préparé cette lettre dans ce but, ayant peu de possibilités de déplacements.
Je voudrais en effet vous dire à quel point ce type d´exercice est déséquilibré et inégal: pour participer aux débats, il faut de l´argent et du temps, c´est-à-dire soit être relativement riche ou avoir le soutien de réseaux qui peuvent vous financer. Je suis frappé par le fait que quelques candidats se déplacent beaucoup, et je ne sais pas comment ils font. Les contraintes financières et professionnelles m´en empêchent, je ne peux pas me permettre de perdre mon emploi. Cela signifie-t-il que les primaires vont sélectionner en fonction des moyens des candidats? Je ne l´espère pas, et je pense que nos militants sauront nous juger sur les idées.
Vous avez ma profession de foi, vous savez donc que je suis un adhérent récent au Parti Socialiste, que je suis venu comme d´autres en 2006, après avoir été l´un des premiers créateurs de groupe Désirs d´Avenir et l´un des premiers soutiens de Ségolène Royal. J´ai milité chez les Amis de la Terre et à Greenpeace, j´ai été un militant CFDT, mais je n´avais pas approché le PS, sauf pour participer aux travaux des groupes du Parti autour de Lionel Jospin lorsqu´il a été nommé Premier Secrétaire.
Ce sont des craintes sur l´avenir de notre société qui m´ont fait m´engager. Nous connaissons apparemment un glissement à droite, les derniers projets du gouvernement le prouvent bien. Seul, aujourd´hui, le Parti socialiste semble en mesure d´enrayer ce mouvement, et les critiques que nous subissons ne sont que le reflet d´une attente générale d´un contrepouvoir à base socialiste. Et je compte bien y participer comme militant et aussi peser comme sénateur.
Sur le plan politique, j´ai vu peu de candidats s´exprimer sur leurs convictions, car il y a de grandes différences d´approches du socialisme. Pour ma part, je suis proche des sociaux démocrates nordiques, avec un attachement viscéral à la protection sociale collective, par opposition au blairisme, ses privatisations et sa tendance à utiliser les mêmes mots que les libéraux et les conservateurs, validant ainsi les valeurs de la droite.
Je pense aussi que le pluralisme et les échanges entre personnes d´opinions différentes sont des éléments majeurs de la démocratie. Je suis donc pour l´existence de plusieurs partis à gauche (d´extrême gauche, communistes, etc.) car ce n´est pas en créant un grand PS du centre à la gauche de la gauche qu´on gagnera. Je tiens à la proportionnelle, et je ne pense pas qu´une « dose » de proportionnelle suffise.
Et enfin, je pense que l´enjeu du futur est à la fois l´environnement, pour notre survie, et l´utilisation du progrès technique au bénéfice de tous, qu´il s´agisse des biotechnologies ou des technologies de l´information, alors qu´il y a souvent appropriation par des groupes privilégiés.
Pour le reste, mes opinions sont proches de celles de la plupart de mes camarades du PS. Nous pensons que la solution aux problèmes de la délinquance réside dans la prévention. Avec quelques camarades proches de la gauche du PS, nous sommes en train de travailler sur un socle de droits fondamentaux pour tous les français : en termes de logement, d´eau, d´électricité, de nourriture, de transport et nous tentons de définir des méthodes simples pour garantir un accès à ces droits.
Mais, comme le demandent les sections, reste à vous faire partager ma conception du rôle de Sénateur des Français de l'étranger.
Au risque de vous décevoir, et malgré ce que peuvent vous dire mes camarades candidats, la marge de manœuvre d´un sénateur socialiste des français de l´étranger est limitée. La Constitution lui interdit tout mandat impératif (on ne peut l´élire sur un mandat précis, dans l´intérêt d´un groupe par exemple, il travaille pour la France), et son principal rôle est de voter, parfois de proposer la loi. Etant au parti socialiste, je me conformerai aux instructions du Parti. Donc, théoriquement, il n´y a pas une énorme marge de manœuvre.
Mais je sais bien que le rôle des sénateurs de l´étranger ne se limite pas à cela, nos représentants actuels nous le montrent. Et ce rôle élargi est nécessaire, faute de députés nous représentant. Je suis atterré de voir que malgré les promesses de droite ou de gauche, une Commission présidée par un socialiste nous refuse d´être représentés comme les autres à l´Assemblée Nationale. Si l´on ajoute qu´en février dernier un autre socialiste proposait de nous taxer, il y a donc pour nos sénateurs beaucoup de travail à l´intérieur de notre parti pour revenir sur ce qui est manifestement soit de la méconnaissance, soit du mépris. Et je vous promets de m´y employer.
Pour cela, je propose de développer les relations entre les sénateurs socialistes représentants les Français à l'Etranger (avec à l'avenir les députés socialistes représentants les Français à l'Etranger), les membres socialistes de l'AFE , la FFE (Bureau et conseil), les parlementaires socialistes européens ainsi que les secrétaires/délégués nationaux traitant de ces questions, avec des réunions deux fois par an au travers d'une "Commission du PS sur les questions européennes et internationales" à créer. Je pense qu´il est temps de revoir la manière dont les questions européennes et internationales sont traitées au PS, pour éviter les couacs que l´on connaît et la prolongation de politiques dépassées, comme en Afrique.
Nos sénateurs se déplacent aussi pour rencontrer les communautés des français de l´étranger, et ils publient sur leur site des informations dont nous pouvons tous profiter. Bien entendu, je m´associerai à cette initiative, qui je pense pourrait bénéficier d´un peu de renfort pour sa mise à jour pour être plus utile. Je développerai aussi une lettre bimensuelle en m´appuyant sur les sections du PS, avec aussi des informations locales d´intérêt général.
Plus généralement, je pense qu´il faut aussi mieux utiliser les nouveaux outils (Internet, email, blogs, Facebook etc.) pour accroître nos échanges et de systématiser des actions/réactions appropriées, et ainsi sortir des expériences individuelles pour réaliser des réactions collectives. Je militerai aussi pour la création de sections virtuelles, afin que les isolés puissent se regrouper par régions et s´administrer. Les nouvelles technologies le permettent.
En matière sociale, j´ai exposé mes conceptions dans ma profession de foi. Pour moi, c´est la nation qui prime, et non le lieu de résidence, et cette nation française inclut tous les Français, de métropole et de l´étranger. Elle leur confère les mêmes droits fondamentaux : des études en français gratuites pour les enfants de résidents français dans tous les pays, au besoin en utilisant Internet, les français en difficulté sociale à l´étranger doivent bénéficier non d´une aumône sociale consulaire, mais d´une forme de revenu minimum garanti complémentaire aux allocations nationales lorsque celles-ci sont trop faibles (je connais le problème pour l´Afrique et l´Europe de l´Est, pour avoir été sollicité sur certains cas, cela doit être identique en Asie et Amérique du Sud) et les français qui reviennent en France doivent avoir un accès immédiat aux allocations de chômage et à l´assurance maladie sans délai de carence, car après tout, ils ont aussi travaillé.
En réalité, il faut renverser la vision des français de l´étranger, y compris au sein du PS : nous ne sommes pas des gens qui ont trahi la France, qui l´ont quitté et à qui l´on concède certains avantages parce qu´ils votent, nous sommes une extraordinaires richesse pour la France, par notre connaissance d´autres réalités, par les ressources que nous réinjectons dans l´économie nationale, par l´influence que nous avons sur les pays dans lesquels nous vivons, où nous pouvons être les instruments de l´ influence française. Le Parti Socialiste doit aussi en prendre conscience.
Il y a beaucoup d´autres choses à dire. Comme les autres candidats, je suis frappé par le fait que l´on nous parle de francophonie, et qu´on limite les moyens des services culturels et des lycées français. On réduit les services diplomatiques et consulaires, au détriment de la protection et des services qu´ils nous apportent. Il y a clairement une volonté de faire des économies à notre détriment, et à celui du rayonnement de la France. C´est petit, c´est mesquin, et soyez sûr que, comme tous les candidats, je me battrai pour dénoncer cette attitude.
Je vous remercie, et je souhaite porter grâce á vous ce combat dans les prochaines années !
Alain Lefebvre
Candidat aux primaires sénatoriales
Section de Stockholm
Site de campagne: http://alainlefebvre.blogspirit.com/
Blog: http://desirsd-avenireuropedunord.blogspirit.com/
20:49 Publié dans Débats socialistes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Alain Lefebvre, sénateur, élections, politique, socialiste


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